Ituri : La presse décrète trois jours de « radios mortes » après l'assassinat d'un journaliste
Les organisations professionnelles de la presse en Ituri, l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC) et Journaliste en danger (JED), ont instauré une période de deuil de trois jours à compter du mardi 30 décembre 2025.
Durant cette période, les radios locales de la province suspendront la diffusion de leurs programmes d’information habituels. Cette action collective vise à protester contre l'insécurité grandissante qui frappe les professionnels des médias dans la région.
Cette décision radicale fait suite à l’assassinat de Thierry Banga Lole, rédacteur en chef de la RTNC/Bunia, abattu à son domicile dans la nuit du 28 décembre. Ce crime, dont les circonstances demeurent inexpliquées, a provoqué une onde de choc au sein de la corporation. Par ce silence médiatique, les journalistes entendent exiger que la lumière soit faite sur ce drame et que la protection des acteurs de l'information soit renforcée.
Sur le terrain, l’initiative se traduit par un réajustement symbolique des grilles de programmes. Selon Freddy Upar, point focal de JED en Ituri, les stations sont invitées à diffuser essentiellement des musiques religieuses en signe de compassion et de respect pour la mémoire du défunt. Ce deuil médiatique est un acte de solidarité fort destiné à honorer l'engagement de ce professionnel reconnu par ses pairs.
Ce nouveau drame illustre une fois de plus la vulnérabilité extrême des journalistes dans l'Est de la République démocratique du Congo.
Malgré la noblesse de leur mission d’informer et d’éduquer, les professionnels des médias continuent de payer un lourd tribut aux conflits armés. Cet acte de protestation de l'UNPC et de JED rappelle l'urgence d'assurer la sécurité de ceux qui risquent leur vie pour porter la voix des communautés.
Juvenal Bulemo
