Régies financières : l’Intersyndicale lance un ultimatum de 72 heures au ministre des Finances
Le climat social au sein des régies financières (DGI, DGDA, DGRAD) vient de franchir le seuil de l'alerte rouge. Réunis en session extraordinaire ce lundi 09 mars 2026, les bureaux des délégations syndicales ont dressé un constat cinglant : un « malaise profond » ronge désormais les agents de ces services publics, pourtant piliers de la mobilisation des recettes de l'État. En cause, le non-respect systématique des engagements pris par le ministre des Finances, qui tarde à aligner les rétrocessions parmi les dépenses contraignantes, laissant le personnel à la merci d'un « délestage » injustifié de ses primes de mobilisation.
L'heure n'est plus aux négociations stériles mais à l'action. À l'issue d'un débat houleux, l'Intersyndicale a voté à l'unanimité l'envoi d'un ultimatum de 72 heures au patron des Finances. Les exigences sont claires et non négociables : l'apurement immédiat de tous les arriérés de primes de rétrocession pour les trois régies, ainsi que le règlement définitif du litige lié au solde du 1 % des plus-values accumulées sur les exercices 2020, 2021, 2022, 2023 et 2025. Un passif lourd qui témoigne, selon les syndicats, d'un mépris flagrant pour les droits acquis des travailleurs.
Pour les représentants des agents, ce blocage financier ressemble à une provocation déguisée. L'Intersyndicale prévient sans détour : persister dans le non-paiement de ces dus sera interprété comme un « appel de pied » direct du gouvernement aux agents pour saboter leur propre mission de collecte. En privant de moyens ceux qui remplissent les caisses du Trésor, le ministère prend le risque conscient de paralyser l'appareil financier de l'État et de compromettre l'exécution de la politique nationale sur tous les fronts.
La tension est désormais à son comble et la base sociale, dont la patience a atteint ses limites historiques, n'attend plus qu'un signal. Si les revendications ne sont pas satisfaites dans le délai imparti, des assemblées générales de rupture seront convoquées dans toutes les régies pour décider de la suite du mouvement. La balle est désormais dans le camp du ministre des Finances : soit il choisit l'apaisement par le respect des textes, soit il assume la responsabilité d'une implosion sociale aux conséquences imprévisibles.
Misenge Guyvenant
