Révision de la Constitution : Patrick Muyaya appelle au calme
Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a tenu à apaiser les esprits lundi 9 mars lors d'un briefing de presse, face au débat croissant sur la révision ou le changement de la Constitution. Pour le ministre de la Communication et Médias, l’heure n’est pas aux réformes institutionnelles mais à la crise sécuritaire dans l'Est.
« Le gouvernement est pour l’instant préoccupé par le retour effectif de la paix dans les zones sous occupation de l’AFC/M23 soutenu par le Rwanda », a-t-il déclaré, martelant que la priorité absolue reste la reconquête du territoire et le rétablissement de l’autorité de l’État.
Afin de couper court aux spéculations, Patrick Muyaya a affirmé que ce sujet n'a jamais été à l'ordre du jour des délibérations de l'exécutif national. « La question n’a pas été abordée au niveau du Conseil des ministres », a-t-il précisé, tout en promettant une transparence totale si le dossier venait à être ouvert. Le ministre a profité de l'occasion pour rassurer les professionnels des médias : « Le jour où la question fera l’objet de discussions en Conseil des ministres, je ne me gênerais pas d’en informer le peuple congolais. »
Loin de voir d'un mauvais œil l'agitation sociale actuelle, le porte-parole y voit plutôt une preuve de vitalité démocratique sous l'ère Tshisekedi. Selon lui, les échanges passionnés dans l'opinion publique démontrent l’effectivité de la liberté d’expression, de réflexion et de pensée en RDC.
« Tout Congolais est libre de réfléchir à haute voix sur tous les sujets sensibles », a-t-il ajouté, invitant toutefois la population à ne pas se laisser distraire des enjeux de souveraineté nationale par ces débats de salon.
Ce regain de tension fait suite aux déclarations de Modeste Bahati Lukwebo, deuxième vice-président du Sénat, qui a affirmé que le problème du pays résidait dans les hommes et non dans les textes. Cette sortie médiatique a provoqué une véritable onde de choc au sein de l’Union Sacrée de la Nation.
Désavoué par ses pairs et les sénateurs de son propre regroupement, l'autorité morale de l'AFDC-A se retrouve aujourd'hui isolée. Dans les couloirs du Palais du Peuple, certains sénateurs évoquent déjà le dépôt imminent d'une pétition pour obtenir son éviction du bureau de la chambre haute.
Misenge
