Guerre dans l’Est de la RDC : Joseph Kabila placé sous sanctions américaines pour soutien à l'AFC/M23
L’étau diplomatique et financier se resserre brutalement sur Joseph Kabila. Ce 30 avril 2026, le Trésor américain, via l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), a annoncé l'inscription de l’ancien président de la République démocratique du Congo sur la liste des nationaux spécifiquement désignés (SDN).
Cette décision, prise au titre du programme de sanctions relatif à la RDC, fait suite aux accusations graves de collusion entre l’ex-chef d’État et les mouvements rebelles de l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et du M23.
Le Trésor américain justifie cette mesure par un activisme déstabilisateur jugé préoccupant. Selon les autorités de Washington, Joseph Kabila aurait non seulement apporté un soutien financier direct à l’AFC, mais aurait également orchestré des campagnes de défection au sein des Forces armées de la RDC (FARDC) pour renforcer les rangs insurrectionnels.
Le communiqué de l’OFAC souligne par ailleurs des tentatives avortées de lancer des offensives militaires depuis l’étranger et des manœuvres politiques visant à évincer le pouvoir en place.
Sur le plan technique, cette désignation s'appuie sur l'Executive Order 13413, modifié par l'E.O. 13671. Elle entraîne des conséquences financières immédiates et paralysantes : le gel total de tous les avoirs de Joseph Kabila situés sous juridiction américaine.
En outre, il est désormais strictement interdit à tout ressortissant ou entreprise des États-Unis de réaliser la moindre transaction avec lui, isolant de fait l'ancien président du système financier international.
Cette offensive de Washington intervient dans un contexte judiciaire déjà extrêmement lourd pour le sénateur à vie. Pour rappel, Joseph Kabila a été condamné à mort par contumace en octobre 2025 par la Haute Cour militaire de Kinshasa pour trahison, crimes de guerre et participation à un mouvement insurrectionnel.
À cette condamnation s'ajoutent la suspension de son parti, le PPRD, ainsi que la saisie de ses biens mobiliers et immobiliers ordonnée par les autorités congolaises.
En plaçant Joseph Kabila sous le régime des sanctions SDN, les États-Unis envoient un signal fort contre les acteurs accusés d'alimenter l'instabilité dans l'est du Congo. Pour l'ancien homme fort de Kinshasa, dont l'influence s'est considérablement érodée depuis son départ du pouvoir, cette nouvelle étape marque une rupture définitive avec la communauté internationale et aggrave une situation juridique déjà précaire sur le sol national.
Misenge
