UNISIC – ESURESI : Quand la “dame de fer” Bayedila transforme l’université en caserne… Jusqu’où regardera le président Félix Tshisekedi ?
Le jeudi 12 mars 2026, les doctorants de l’Université des Sciences de l’Information et de la Communication étaient conviés à une réunion d’échange avec le directeur de l’École doctorale le professeur Philippe Ntonda, Cette rencontre devait porter sur l’état d’avancement des mémoires de DEA, des thèses de doctorat ainsi que sur les préparatifs académiques futurs, conformément à la circulaire du ministère de l’Enseignement supérieur et universitaire sur le fonctionnement de l’école doctorale.
Mais ce qui devait être un moment académique normal s’est rapidement transformé en un épisode révélateur du climat de tension qui règne désormais au sein de cet Alma mater.
Des doctorants refoulés aux portes de leur propre université
À la grande surprise de plusieurs apprenants du troisième cycle, l’accès au campus leur a été tout simplement interdit. Selon plusieurs témoins, la police universitaire, appuyée par quelques éléments de la Police nationale congolaise, aurait reçu l’ordre d’empêcher ces doctorants d’entrer dans l’enceinte de l’université.
Ces apprenants avancés, pourtant régulièrement inscrits et détenteurs de décisions rectorales confirmant leur statut académique, affirment avoir été refoulés sous prétexte qu’ils font partie des assistants récemment frappés par le retrait massif de leurs décisions de nomination depuis février dernier. Pour ces apprenants, la situation est d’autant plus préoccupante qu’ils se trouvent à seulement quatre mois de la date butoir prévue pour leurs soutenances.
Une atteinte aux droits académiques et professionnels
Pour plusieurs observateurs au sein de la communauté universitaire, cette décision constitue une atteinte aux droits fondamentaux des apprenants et des personnels scientifiques. Les doctorants concernés rappellent qu’ils sont légalement inscrits à l’université et qu’aucune décision administrative ne peut leur retirer leur droit d’accès aux activités académiques liées à leurs recherches.
Dans les couloirs de l’institution, nombreux sont ceux qui dénoncent ce qu’ils considèrent comme un climat de mépris envers les scientifiques et les apprenants du troisième cycle.
« Nous sommes traités comme des élèves de l’école primaire, alors que nous sommes des chercheurs engagés dans des travaux scientifiques », confie un doctorant sous anonymat.
Accès interdit même à la bibliothèque universitaire
Plus grave encore, le nouveau directeur de la bibliothèque universitaire de cette institution aurait également interdit aux mêmes apprenants du troisième cycle d’effectuer leurs recherches au sein de la bibliothèque. Plusieurs doctorants affirment s’être vu refuser l’accès à ce lieu essentiel pour la poursuite de leurs travaux académiques.
Selon certains témoignages, le personnel de la bibliothèque leur aurait signifié qu’ils sont désormais persona non grata, suite à une décision attribuée à la direction de cette bibliothèque. Cette mesure suscite une vive incompréhension parmi les étudiants concernés, d’autant plus que ces derniers affirment avoir régulièrement payé leurs frais académiques et être officiellement inscrits à l’université.
Pour ces apprenants, interdire l’accès à la bibliothèque universitaire revient à bloquer directement l’avancement de leurs recherches scientifiques, ce qui constitue, selon eux, une entrave grave à la poursuite normale de leurs études doctorales.
Une gestion controversée depuis la prise de fonction du comité Bayedila
Les critiques à l’égard de la gestion actuelle ne datent pas d’hier. Dès la première réunion de prise de contact organisée par la rectrice Bayedila avec le personnel scientifique, plusieurs chefs de travaux, assistants premiers et deuxième mandats disent avoir été humiliés publiquement.
Selon des témoins, certains scientifiques arrivés trois minutes seulement après le début de la réunion se seraient vu interdire l’accès à la salle, et ce devant les étudiants qu’ils sont censés encadrer.
Pour beaucoup, cette première rencontre aurait dû être l’occasion de présenter une vision stratégique, une feuille de route et un climat de dialogue entre la nouvelle équipe dirigeante et la communauté académique. Au lieu de cela, disent-ils, elle aurait marqué le début d’une gouvernance jugée autoritaire, faite d’impositions et de tensions permanentes.
Comparaison avec d’autres universités publiques
Plusieurs professeurs de cette université soulignent également le contraste avec d’autres institutions de l’enseignement supérieur en RDC, notamment l’Université de Kinshasa, où les scientifiques, les doctorants et les apprenants du troisième cycle bénéficient d’un respect institutionnel plus marqué.
Des apprenants inquiets pour leur avenir académique
Aujourd’hui, de nombreux apprenants disent se sentir en insécurité académique, estimant que ces décisions administratives et policières créent un climat qui ne favorise ni la recherche ni la sérénité nécessaires à la production scientifique. Pour eux, ces actes prémédités compromettent la poursuite normale des études et mettent en péril leurs projets académiques.
Une intervention personnelle du chef de l’État devenue impérative
Face à la gravité et à la répétition de ces dérives administratives, de nombreuses voix au sein de la communauté universitaire estiment qu’une intervention personnelle du président de la République, Félix Tshisekedi, devient désormais impérative. Bien qu'une délégation des agents écartés a été reçue à la Primature où ses membres ont rencontré le Conseiller de la Première Ministre en charge de l'Education, auprès de qui, ils ont expliqué la nature illégale de la décision de la Rectrice.
Selon eux, toutes les correspondances déposées pour solliciter l'intervention de la Première Ministre étaient bloquées par le Directeur de Cabinet adjoint de la Première Ministre, qui est professeur à l'UNISIC, nommé par la nouvelle Rectrice, directeur adjoint de l'école.
Après avoir écouté avec attention les arguments de la délégation, les membres du Cabinet de la Première Ministre ont estimé que la Rectrice Bayedila a été mal conseillée. Ils ont promis aux victimes leur implication dans le dossier. Pour éviter le conflit d'intérêts, ces membres du cabinet de la Cheffe du gouvernement ont souligné qu'ils vont demander le Direcaba de se dessaisir du dossier pour préserver son honneur.
En tant que garant du bon fonctionnement des institutions publiques et protecteur des droits fondamentaux des citoyens, le chef de l’État est aujourd’hui interpellé afin de mettre fin à ce climat de tensions, de restaurer l’autorité de la loi et de rétablir la dignité académique au sein de cette université publique.
Pour les doctorants et les scientifiques concernés, seule une décision forte et rapide du président pourrait permettre de ramener l’ordre institutionnel, garantir l’accès aux activités académiques et préserver l’avenir scientifique de nombreux chercheurs en formation.
Car au-delà d’un simple conflit administratif, c’est désormais l’image même de l’enseignement supérieur public congolais qui se trouve exposée. Et pour beaucoup, laisser perdurer une telle situation reviendrait à fragiliser davantage une institution qui devrait pourtant être un haut lieu de savoir, de liberté intellectuelle et de respect mutuel.
Lutonga wa Mudiyala Gregoire
