MBUJI-MAYI / FONAREV : 15.000 $ destinés à la sensibilisation des victimes présumés détournés, une suspecte serait protégée
Une affaire présumée de malversation de fonds secoue le Fonds national de réparation des victimes de violences sexuelles liées aux conflits et des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV) au Kasaï Oriental, dans la ville de Mbuji-Mayi.
Selon des sources concordantes, une somme estimée à 15 000 dollars américains, initialement destinée aux activités de sensibilisation des victimes, aurait été détournée.
Plusieurs soupçons touche la Responsable de sensibilisation Fonarev Zone Kasaï Oriental, en l'occurrence Maître Kafunda Isabelle. Cette dernière aurait été invitée pour s'exprimer à l'Agence Nationale des renseignemts Kasaï-Oriental. Contre toute attente, la principale suspecte a été relâchée pendant l'argent est toujours introuvable. Les voix s'élèvent du côté de la société civile où on acusse certains agents l'ANR d'avoir cédé à la corruption.
Ces fonds devaient servir à informer, accompagner et mobiliser les survivants afin de faciliter leur accès aux mécanismes de réparation.
Plusieurs témoignages évoquent une gestion opaque des ressources financières, avec des activités de terrain qui n’auraient jamais été réalisées malgré les décaissements effectués.
Plus troublant encore, certaines sources affirment que la présumée autrice bénéficierait de protections internes, ce qui freinerait l’ouverture d’une enquête approfondie. Ces allégations, si elles sont avérées, soulèvent des inquiétudes quant à la gouvernance et à la transparence au sein de cette institution clé dans le processus de réparation des victimes.
« Il est inacceptable que des fonds destinés à des personnes déjà vulnérables soient détournés. Toute la lumière doit être faite », déclare un acteur de la société civile sous couvert d’anonymat. Il a appelle le Procureur général près la de cassation à ouvrir une enquête afin d'établir les responsabilités.
Cette affaire intervient dans un contexte où le FONAREV est appelé à jouer un rôle central dans la prise en charge des victimes des conflits armés en République démocratique du Congo. Elle pourrait, si les faits sont établis, entacher la crédibilité de cette structure et fragiliser la confiance des bénéficiaires.
En attendant une éventuelle enquête officielle, les regards restent tournés vers les instances compétentes pour faire toute la lumière sur ce dossier sensible.
Lutonga wa Mudiyala Gregoire
