Alerte : Disparition inquiétante de la journaliste Angela Mayangi Bikwe à Kinshasa
Le monde de la presse congolaise est plongé dans l’angoisse. Depuis le samedi 3 février 2024, la journaliste Angela Mayangi Bikwe est portée disparue après avoir été interceptée en plein cœur de la capitale. Sa famille, ses confrères et les organisations de défense de la liberté de la presse tirent la sonnette d’alarme face à ce qui s’apparente à un enlèvement orchestré par des services de sécurité, plongeant ses proches dans une attente insoutenable.
Les faits se sont déroulés aux alentours de 13h00, alors que la journaliste regagnait son domicile. Selon le témoignage poignant de sa nièce, qui l’accompagnait au moment des faits, les deux femmes revenaient d’un reportage au siège du parti politique Ensemble pour la République. Leur trajet a été brutalement interrompu par des individus en civil se réclamant des services de renseignement. Ces derniers ont contraint la journaliste à les suivre vers une destination inconnue, laissant sa jeune accompagnatrice sur le trottoir, sous le choc de la violence de l'interpellation.
Silence administratif préoccupant
Plus d'un mois après cet incident, le dossier reste désespérément vide. Aucune instance officielle n'a confirmé la détention d'Angela Mayangi Bikwe, et aucun chef d'accusation n'a été signifié à sa famille. Ce vide communicationnel de la part des autorités sécuritaires renforce les craintes de violations graves des droits de l'homme. Les associations de journalistes en RDC dénoncent un climat de travail de plus en plus délétère, où l'exercice de la profession s'accompagne désormais de risques physiques majeurs, particulièrement lors de la couverture d'activités liées à l'opposition.
Face à l'inertie des enquêtes, la famille de la disparue et le corps journalistique multiplient les appels à témoin. Des pressions sont exercées sur les instances judiciaires pour obtenir la lumière sur les circonstances exactes de cette interception. Pour ses collègues, il ne fait aucun doute que son travail d'information est au cœur de cette disparition. La communauté internationale est également interpellée sur le sort des professionnels des médias en République Démocratique du Congo, alors que les signalements de harcèlement contre les reporters se multiplient dans la région.
*Appel à la solidarité nationale*
L'urgence est désormais de localiser Angela Mayangi Bikwe afin de s'assurer de son intégrité physique et mentale. Un numéro de contact d'urgence a été mis à la disposition du public pour recueillir toute information, même anonyme, pouvant faire avancer les recherches : +243 896 111 981. Chaque témoignage sur les mouvements de véhicules suspects ou sur la présence de la journaliste dans un centre de détention informel pourrait s'avérer crucial pour mettre fin à ce calvaire qui dure depuis trop longtemps.
Le cas d’Angela Mayangi Bikwe est loin d’être un incident isolé, s'inscrivant au contraire dans une spirale de répression documentée par l'organisation Journaliste en Danger (JED). Dans son rapport annuel 2023, JED souligne une recrudescence alarmante des atteintes à la liberté d'informer, avec des dizaines de cas de harcèlements et d'arrestations arbitraires. On se souvient notamment de la détention prolongée de Stanis Bujakera Tshamala à la prison de Makala, ou encore des pressions exercées sur des journalistes en provinces, comme Blaise Mabala dans le Maï-Ndombe. Que ce soit à Kinshasa ou dans l'Est du pays, l'usage des services de renseignement pour museler la presse devient une méthode systématique, transformant l'exercice du métier de journaliste en un véritable parcours à haut risque sous le ciel congolais.
Misenga Guyvenant
