Serge Owadja, le choix du terrain pour défendre les ressources du Haut-Katanga
Au Haut-Katanga, la richesse du sous-sol a longtemps été une promesse non tenue. Entre exploitation anarchique, fraude et précarité des travailleurs, les populations ont le sentiment d’être spectatrices de leurs propres ressources. C’est dans ce contexte que Serge Owandja a été appelé aux responsabilités.
Nommé en mars 2026 au sein du gouvernement du gouverneur Martin Kazembe, il hérite d’un portefeuille lourd : Mines, Hydrocarbures, Énergie, Environnement et Développement Durable. Un ministère au cœur des tensions économiques et sociales de la province. Un ministère où les décisions se paient cash sur le terrain.
Dès sa prise de fonction, le cap a été fixé. Plus de gestion à distance. Plus de discours sans actes. Pour Serge Owadja, défendre le Haut-Katanga commence par voir, toucher et contrôler. La mine ne se dirige pas depuis un bureau climatisé. Elle se dirige dans la poussière, au pied des gisements.
Sa première bataille est celle de la légalité. Il mène des missions d’inspection pour démanteler l’exploitation illégale et vérifier les titres miniers. À Kambove comme sur d’autres sites, l’objectif est le même : couper les circuits parallèles qui saignent la province et s’assurer que chaque opérateur joue selon les règles.
Parce que la fraude tue l’économie locale, mais aussi la confiance. En multipliant les descentes, le ministre envoie un message simple aux réseaux : l’impunité est terminée. Et aux communautés : l’État est de retour pour protéger ce qui vous appartient.
Le travailleur d’abord, l’énergie ensuite
Défendre les ressources, c’est aussi défendre les hommes qui les extraient. Deuxième axe de son action : la protection des travailleurs. Serge Owadja exige des entreprises minières le strict respect de la loi et des conditions de travail décentes pour les employés.
Pour lui, il n’y a pas de fierté minière sans dignité humaine. Un site rentable qui sacrifie ses employés est un échec. Un investisseur qui refuse la sécurité et le salaire juste n’a pas sa place dans le Haut-Katanga de demain.
Le troisième chantier touche au quotidien des ménages et des industries : l’énergie. Quand les coupures s’enchaînent, quand les usines tournent au ralenti, le ministre s’implique dans la résolution des crises énergétiques qui impactent la province. Il réunit, arbitre, presse.
Car une province minière sans énergie stable est une province qui se tire une balle dans le pied. Et Serge Owadja refuse cette absurdité. Il veut une cohérence : des mines productives, des foyers éclairés, des PME qui peuvent travailler.
Cette approche globale fait sens. Mines, Hydrocarbures, Énergie, Environnement : tout est lié. On ne peut pas exploiter sans penser à la réhabilitation. On ne peut pas produire sans penser à la durabilité. C’est cette vision transversale qu’il tente d’imposer.
Des bottes aux pieds, la crédibilité sur le terrain
Ce qui frappe le plus avec Serge Owadja, ce n’est pas seulement la feuille de route. C’est la manière. Un homme de terrain, a chaque fois qu'il y' a un problème qui dérange sa population l'homme de terrain est toujours présent.
On le voit arriver souvent sur terrain habillé aux chaussures de miniers et la lunette pour éviter la poussière et un pantalon kaki. Pas de cortège, pas de baratin. Ceci qui démontre la qualité d'un homme de terrain qui se bat. Il parle aux chefs de chantier, aux jeunes, aux autorités locales.
Cette image a une portée politique. Elle réconcilie l’autorité avec la réalité. Dans le Haut-Katanga, les gens en ont assez des ministres qu’on ne voit qu’à la télé. Ici, le ministre vient, constate, tranche. Et repart avec des décisions.
Les effets ne tardent pas. Les fraudeurs hésitent. Les entreprises se mettent en conformité. Les communautés sentent qu’elles ont un interlocuteur. La présence physique devient un outil de gouvernance.
Au fond, Serge Owadja incarne une idée simple mais puissante : les ressources du Haut-Katanga doivent d’abord servir aux fils du Haut-Katanga. Pas dans un discours creux, mais dans des inspections, des sanctions, des protections et des solutions énergétiques concrètes.
Le chemin est encore long. Les intérêts en jeu sont énormes. Mais en choisissant le terrain plutôt que le confort, en choisissant la loi plutôt que l’arrangement, le ministre trace une direction.
Avec Serge Owadja, le Haut-Katanga tente de reprendre la main sur son destin minier. Et c’est peut-être cela, le plus grand pari politique de ce mandat : transformer la richesse du sol en fierté et en avenir pour ceux qui vivent dessus.
Cedrick Katay Kalombo
