Si le ridicule avait des balles, Bayedila et sa troupe seraient déjà des fantômes errant dans les couloirs de l’IFASIC (Tribune)

1 Juillet 2026 - 21:37
3 Juillet 2026 - 09:12
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Si le ridicule avait des balles, Bayedila et sa troupe seraient déjà des fantômes errant dans les couloirs de l’IFASIC (Tribune)

À force de confondre tribune et scène de boulevard, Madame Bayedila et ses fidèles transforment chaque séance académique en farce nationale. Le sérieux s’y dissout, remplacé par des postures grotesques qui feraient rougir les clowns les plus aguerris. Si le ridicule avait des effets létaux, l’Université de Sciences de l’Information et de la Communication (UNISIC, ex‑IFASIC) serait déjà un cimetière politique.

Depuis son arrivée à la tête de l’institution, le « Comité Bayedila » s’est illustré par des décisions qui tiennent plus du coup de théâtre que de la gouvernance. Premier acte : l’annulation pure et simple de tous les dépatements et facultés ayant fait que l’Institut devienne Université.

Deuxième acte: l’annulation de tous les engagements du personnel pris par son prédécesseur, le légendaire Professeur Émérite Jean‑Richard Kambayi Bwatshia. 

Troisième acte: l’acharnement contre tous les collaborateurs de l’ancien comité, avec la privation de prime interne et révocation de certains.

Dans un épisode digne d’une comédie administrative, un certain secrétaire général académique, Monsieur Wawa, s’est improvisé justicier en signant une révocation. Problème : l’homme n’avait ni la qualité ni la compétence pour poser un tel acte. Au moment où il n’était qu’intérimaire, sa cheffe étant partie se faire soigner. Mais voilà que, tel un stagiaire qui se prend pour un ministre, il a cru bon de jouer au chef suprême. Résultat : une révocation qui ressemble davantage à une farce bureaucratique qu’à une décision légale.

Motif invoqué : irrégularité. Motif réel, selon les concernés : effacer toute trace du règne Kambayi, quitte à jeter le bébé avec l’eau du bain.

Mais là où le bas blesse, c’est dans la mise en accusation du même Professeur Kambayi, présenté comme l’auteur des « cases vides », des contre‑performances estudiantines et du désordre académique. Une caricature qui fait sourire jaune : difficile de croire que l’homme qui a porté l’IFASIC au rang de référence soit soudain devenu le bouc émissaire idéal. 

Le procédé est grossier, mais il a le mérite de révéler la logique Bayedila : régner en effaçant, gouverner en accusant, diriger en ridiculisant.

Quand l’amnésie devient méthode de gouvernance 

Bayedila et sa troupe semblent avoir oublié une évidence que tout ancien de l’IFASIC connaît : la contre‑performance estudiantine et les fameuses « cases vides » n’ont pas commencé avec Jean‑Richard Kambayi. Ces travers sont plus anciens que leurs règlements de comptes. Les « cases vides » sont l’œuvre des partisans de la pédagogie sous l’arbre, et la contre‑performance estudiantine est une tradition qui remonte à des décennies. Combien de fois les étudiants de l’IFASIC ont‑ils été insultés ou refusés en stage ? Faire porter ce chapeau à Kambayi relève d’une médiocrité chronique.

Les statistiques, elles, parlent d’elles‑mêmes : sur une promotion de 800 diplômés, à peine une centaine se distinguent, les autres deviennent du bois mort académique. La majorité se contente de ramasser des travaux pratiques, des mémoires recyclés et des exercices d’évaluation bâclés. 

Un audit sérieux des travaux de fin d’études dirigés par certains professeurs laisserait songeur : beaucoup de productions sont loin du niveau attendu d’une institution censée former l’élite de la communication. Et pourtant, le Comité Bayedila persiste à présenter Kambayi comme le pire gestionnaire que l’UNISIC ait jamais connu.

Poussant l’absurde jusqu’à interdire aux chefs de promotion ayant travaillé sous son règne de se représenter. Quelle élite espère‑t‑on forger dans la haine et le règlement de comptes ?

À ce rythme, l’UNISIC risque de devenir moins une université qu’un théâtre permanent de l’absurde, où l’on joue la pièce « Comment tuer l’héritage en trois actes ».

Bayedila et l’art d’humilier une légende 

Madame Bayedila et ses assistants du Comité de gestion semblent jouer à l’amnésie sélective. Ils feignent d’ignorer que le Professeur Émérite Jean‑Richard Kambayi Bwatshia, qu’ils s’acharnent à humilier, est une figure scientifique majeure en République démocratique du Congo. 

On peut tout lui reprocher, sauf d’avoir été insignifiant : son passage à l’IFASIC a engendré l’UNISIC, dont l’âme a été assassinée par haine, avec la suppression des facultés qui font que l’IFASIC devienne UNISIC. Certes, les démarches de transformation avaient commencé avant lui, mais c’est sous son règne qu’elles ont pris corps. 

À la différence de Bayedila, Kambayi n’avait pas négocié son fauteuil : il a été proposé. À sa première année comme recteur, il a payé douze mois de primes internes, trouvées à 200 000 FC et portées à 200 $. Lui et son équipe n’ont pas passé leur temps à régler des comptes : ils ont hérité des actifs et des passifs, avec une attitude de grandeur. 

La gestion n’était pas parfaite, mais il a eu le courage de s’attaquer à un réseau mafieux bien connu : des percepteurs clandestins qui encaissaient les frais académiques et frais d’inscriptions dans des bureaux, arrêts de bus ou restaurants, au lieu de les verser à la banque. Tous ont été sanctionnés. Aujourd’hui, ironie du sort, ces mêmes personnages reviennent en force, bénis par Madame Bayedila, l’« orthodoxe assainisseuse ». 

Selon les membres du Cabinet de l’ancien Recteur,  certains siègeraient même au comité de gestion. Pendant ce temps, Bayedila, à sa première année, présente un budget de neuf mois avec un effectif réduit. 

Les rumeurs, jamais démenties, parlent d’une rectrice touchant 5 000 $, quand son prédécesseur percevait 2 500 $. Plutôt que de répondre aux accusations, elle choisit la voie judiciaire contre les médias et les journalistes, accentuant une campagne d’intimidation, au lieu de chercher le droit de réponse. Trop banal!

Mieux vaut transformer l’université en tribunal de l’absurde, où l’on condamne la presse pour avoir osé lever le rideau.

Emmanuel MPIA

newnarratifrdc Créé en 2023, New Narratif RDC est un média en ligne de l'Ets. Groupe New NARRATIF RDC. Dans son traitement d’informations, New NARRATIF RDC accorde l’importance à l’image positive de la République démocratique du Congo et de ses institutions en vue de pérenniser le «CHANGEMENT DE NARRATIF »