La ministre Nyange alerte sur la fragilité des forêts de la RDC et appelle à une régénération ciblée
La ministre de l’Environnement, Marie Nyange, a tiré la sonnette d’alarme sur l’état de la couverture forestière en RDC, lors d’un briefing ce 23 octobre aux côtés de son collègue Patrick Muyaya. Elle a dévoilé un bilan en demi-teinte qui a rendu nécessaire une refonte totale de l’approche gouvernementale.
Le nouveau programme « La Forêt c'est Nous » est né d’un constat critique établi avec l'administration et les partenaires. « La Forêt c'est Nous, est parti du constat. Quand je suis arrivée au ministère, j'ai fait un état des lieux... Mais, je me suis rendu compte que sur terrain, le résultat est mitigé », a-t-elle expliqué. Ce résultat mitigé affecte à la fois l'état de la forêt elle-même et les communautés qui en sont dépendantes.
Un des piliers de cette nouvelle stratégie est la reconnaissance de la diversité et des problématiques uniques de chaque écosystème forestier congolais. La ministre a insisté sur le fait que la République possède des « forêts différentes les unes aux autres » et présentant des « problèmes différents ». Elle encourage ainsi les citoyens à mieux connaître leur environnement pour distinguer et mieux protéger chaque type de forêt sur le territoire national.
Face à ces menaces, la nouvelle direction ministérielle a défini des priorités spécifiques. Marie Nyange a notamment mis en lumière la situation alarmante de certains écosystèmes côtiers et frontaliers.
Marie NYANGE a souligné la dégradation critique des mangroves au Kongo-Central, un écosystème indispensable à l’équilibre marin : « nous avons un sérieux problème avec les mangroves au Kongo-Central, à Moanda.
Le mangrove est un écosystème qui est rare et unique parce que c'est un écosystème qui permet la reproduction de certaines espèces, donc les poissons. » La détérioration de cette forêt entraînerait une perte non seulement écologique, mais aussi halieutique.
De même, la ministre a évoqué la situation de la forêt du Mayombe, qui s’étend jusqu'au Gabon, et qui a été victime d'une exploitation incontrôlée due à sa proximité avec le port de Boma. Aujourd’hui, il n'en reste qu'un « petit noyau » incluant la réserve de la biosphère de Luki.
Marie Nyange a exprimé une détermination ferme pour la restauration de cet espace vital, en s'appuyant sur l'expertise locale : « Il est très important de reconstituer cette forêt et les ingénieurs forestiers sont là. Ils sont capables d'assister la régénération de cette partie de la forêt... » . Ce programme marque ainsi une volonté de passer d’une gestion généraliste à une conservation ciblée et scientifique.
GM
