UNISIC - ESURIS : Sous la Ministre Marie-Thérèse Sombo, la réforme annoncée à l’épreuve des soupçons persistants de mauvaise gouvernance

11 Février 2026 - 08:04
11 Février 2026 - 08:13
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UNISIC - ESURIS : Sous la Ministre Marie-Thérèse Sombo, la réforme annoncée à l’épreuve des soupçons persistants de mauvaise gouvernance

Analyse factuelle et juridique d’une crise institutionnelle depuis l’arrivée de la rectrice, professeure Espérance Bayedila.

Il y a environ deux mois, le ministère de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESURSI), sous l’autorité de la ministre Thérèse Sombo, a procédé au remplacement du comité de gestion de l’Université des sciences de l’information et de la communication (UNISIC). Cette décision officielle s’inscrivait dans une dynamique de réorganisation administrative, avec pour objectif déclaré de restaurer l’efficacité institutionnelle, l’excellence académique et un climat de paix sociale au sein d’une université longtemps marquée par des tensions internes récurrentes.

Ces tensions, bien connues de la communauté universitaire, opposaient notamment des groupes se revendiquant comme « fils de la maison » à d’autres perçus comme allochtones. La réforme était donc attendue comme une rupture avec les pratiques antérieures et comme une opportunité de refonder la gouvernance sur des bases strictement légales et professionnelles.

La nomination de l’administratrice du budget : une décision qui interpelle

Dans cette nouvelle configuration, Mme Albertine Tshangala a été nommée administratrice du budget de l’UNISIC par arrêté ministériel. Cette fonction stratégique requiert, au regard des textes encadrant la gestion des finances publiques, des garanties élevées en matière de rigueur, de transparence, de responsabilité personnelle et de probité morale.

Toutefois, cette nomination continue de susciter de sérieuses interrogations au sein de la communauté universitaire, en raison de faits antérieurs rapportés, à ce jour non élucidés, relatifs à la gestion de fonds publics.

Rappel des faits rapportés : disparition présumée d’une somme de 6 000 USD

Selon plusieurs sources internes concordantes, Mme Tshangala, alors secrétaire administrative à la Faculté de la communication des organisations, aurait été chargée en octobre 2025 de la gestion d’une somme de 6 000 dollars américains, destinée à la rémunération des enseignants, chefs de travaux et assistants ayant pris part aux soutenances publiques des étudiants finalistes du premier et du deuxième cycle.

Conformément aux procédures administratives en vigueur, cette somme devait faire l’objet :

 • d’un rapport écrit à l’autorité hiérarchique,

 • d’un dépôt dans la caisse officielle de la faculté,

 • puis d’une affectation conforme aux bénéficiaires.

Or, selon les mêmes sources, ces formalités n’auraient pas été respectées. Aucun rapport écrit n’aurait été transmis, et les fonds n’auraient pas été conservés dans la caisse de l’établissement

Le lendemain, l’intéressée aurait déclaré avoir perdu le sac contenant ladite somme, sans qu’une plainte formelle n’ait été déposée auprès des autorités judiciaires compétentes, ni qu’une enquête administrative ou disciplinaire n’ait été officiellement engagée.

Responsabilité administrative et vide procédural

En droit administratif congolais, la perte ou la disparition de fonds publics engage la responsabilité personnelle de l’agent gestionnaire, en particulier lorsque les règles de sécurisation et de traçabilité n’ont pas été observées. Une telle situation appelle normalement :

 • une enquête administrative interne,

 • une saisine des juridictions compétentes,

 • et, le cas échéant, des mesures disciplinaires ou de remboursement.

L’absence apparente de telles démarches contribue à maintenir une zone d’ombre préjudiciable à la crédibilité de la gouvernance universitaire. 

Allégations récurrentes relatives à des pratiques interdites

Au-delà de cet épisode précis, certaines sources internes, ayant requis l’anonymat pour des raisons professionnelles et sécuritaires, affirment que Mme Tshangala se serait livrée, depuis plusieurs années, à des pratiques de ristourne au sein de l’institution universitaire.

Ces déclarations émanent notamment d’un ancien doyen de faculté et d’un chef de travaux, présenté comme proche collaborateur de ce dernier. Tous deux soutiennent que ces pratiques seraient connues de plusieurs membres de la communauté universitaire, alors même qu’elles sont formellement interdites par la législation et les règlements régissant la gestion des établissements publics.

Il convient de préciser que ces faits demeurent, à ce stade, des allégations n’ayant pas encore fait l’objet d’une enquête judiciaire ou administrative contradictoire.

Une promotion controversée et des interrogations légitimes

C’est dans ce contexte que la nomination de Mme Albertine Tshangala au poste d’administratrice du budget apparaît, pour une partie de la communauté universitaire, comme difficilement conciliable avec les principes de bonne gouvernance, de redevabilité et d’exemplarité administrative.

Plusieurs questions demeurent sans réponse :

 • Pourquoi les faits rapportés n’ont-ils fait l’objet d’aucune enquête administrative formelle ?

 • Pourquoi aucune procédure judiciaire n’a-t-elle été engagée pour établir la réalité ou non du vol allégué ?

 • Les autorités de tutelle ont-elles procédé à une vérification préalable du dossier administratif de l’intéressée avant sa nomination ?

 • Comment restaurer la confiance au sein de l’institution sans clarification officielle de ces faits ?

Un appel croissant à l’intervention des institutions de contrôle

Face à la persistance de ces soupçons et à l’absence de clarification officielle, plusieurs membres de la communauté universitaire, dont certains se déclarent victimes directes de ces pratiques alléguées, expriment le souhait de voir :

 • l’Agence nationale de renseignements (ANR),

 • les services judiciaires compétents,

 • l’Inspection générale des finances (IGF),

être saisis afin de procéder à des investigations indépendantes.

Selon ces mêmes sources, le dossier serait connu dans certains cercles administratifs, mais aurait jusqu’ici été contenu ou étouffé au niveau du ministère de l’ESURIS, alimentant ainsi un profond sentiment de frustration et de défiance institutionnelle.

L’exigence de clarification pour préserver la réforme

La réforme du comité de gestion de l’UNISIC, présentée comme un tournant vers la stabilité et l’exemplarité, ne saurait produire ses effets sans une clarification rigoureuse des faits rapportés.

Dans un État de droit, l’absence de réponse institutionnelle face à des soupçons sérieux fragilise la confiance publique. Seules des enquêtes impartiales et transparentes permettront d’établir les responsabilités, de restaurer la crédibilité de l’autorité académique et de préserver l’objectif initial de la réforme.

Lutonga wa Mudiyala Gregoire 

newnarratifrdc Créé en 2023, New Narratif RDC est un média en ligne de l'Ets. Groupe New NARRATIF RDC. Dans son traitement d’informations, New NARRATIF RDC accorde l’importance à l’image positive de la République démocratique du Congo et de ses institutions en vue de pérenniser le «CHANGEMENT DE NARRATIF »