Nord-Kivu : 73 policiers formés au respect des droits humains à Kasindi
Dans un effort visant à renforcer l'État de droit au Nord-Kivu, soixante-treize agents de la Police des frontières, dont douze femmes, ont achevé ce jeudi 8 janvier une session de sensibilisation intensive aux droits humains. Organisée par le Bureau conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme (BCNUDH) de la MONUSCO à Kasindi-Lubiriha, cette initiative marque le retour de l'accompagnement onusien dans cette zone stratégique du territoire de Beni après une absence de quatre ans.
Le programme de formation a mis l'accent sur les obligations légales des forces de l'ordre, notamment la lutte contre les violences sexuelles liées aux conflits et la protection des personnes privées de liberté.
Dans une région en proie à l'activisme des groupes armés, les experts ont insisté sur la responsabilité hiérarchique des commandants dans la prévention des abus. L'objectif est de garantir que la mission de protection des civils s'exécute en stricte conformité avec les engagements internationaux de la République Démocratique du Congo.
Pour les autorités locales, cette remise à niveau est cruciale face à la complexité sécuritaire de cette frontière avec l'Ouganda. Le commissaire principal Claude Kasereka Kambere a souligné l'importance de ces outils pour gérer les flux criminels transfrontaliers avec 64 arrestations signalées pour les deux derniers mois de 2024 tout en respectant les procédures d'interpellation.
La maîtrise des techniques de gestion des foules et le traitement éthique des suspects figurent parmi les compétences clés renforcées lors de ces échanges.
Cette intervention s'inscrit dans le mandat global du BCNUDH, qui combine monitoring des violations et renforcement des capacités étatiques pour lutter contre l'impunité.
En outillant techniquement la police de proximité, la MONUSCO espère réduire les incidents de violations des droits humains et restaurer la confiance entre la population civile et les forces de sécurité.
Ce soutien technique demeure un pilier essentiel pour stabiliser les zones sensibles où la protection des droits fondamentaux reste un défi quotidien.
Juvenal Bulemo
