Nord-Kivu : des inquiétudes grandissantes face aux mouvements rebelles vers le Grand Nord
Des inquiétudes majeures gagnent la population du Grand Nord de la province du Nord-Kivu, notamment à Lubero-centre, Butembo et Beni, face à ce qui est perçu comme une menace imminente d’avancée de l'Armée rwandaise sous des rebelles du M23, après la chute récente de la ville d’Uvira.
Selon plusieurs sources locales, des renforts rebelles seraient signalés depuis près de trois jours sur l’axe Lubero, sans qu’une riposte militaire visible ne soit observée sur le terrain. Cette situation suscite de nombreuses interrogations, d’autant plus que les autorités provinciales, y compris le gouverneur du Nord-Kivu, le général Somo Kakule, sont informées de ces mouvements.
Des témoins rapportent qu’en dépit de cette menace, aucun renforcement conséquent des FARDC ni des volontaires Wazalendo n’aurait été observé sur les lignes de front.
Ce dimanche 14 décembre 2025, d’autres éléments rebelles auraient encore traversé la zone de Kiwanja, en direction du Grand Nord, accentuant la psychose au sein de la population.
Face à cette situation, des voix s’élèvent pour dénoncer ce qu’elles qualifient de léthargie dans la gestion de la guerre au Nord-Kivu.
Certains acteurs locaux craignent également un éventuel désengagement des forces étrangères, notamment de l’Armée ougandaise (UPDF), ce qui, selon eux, pourrait faciliter une progression rebelle.
Ces inquiétudes ravivent le débat sur la fiabilité des forces étrangères engagées aux côtés de la RDC, plusieurs congolais appelant désormais à une prise en charge essentiellement nationale de la sécurité, fondée sur le renforcement des FARDC et des Wazalendo, considérés comme encore déterminés à défendre l’intégrité territoriale.
Des appels sont ainsi lancés à la population pour exercer une pression citoyenne sur les autorités compétentes, afin que des mesures urgentes soient prises pour éviter que Lubero, Butembo et Beni ne connaissent pas le même sort qu’Uvira.
GB
