RDC : Donald Kabasele alerte Félix Tshisekedi sur les risques d’une communication judiciaire prématurée
L'avocat et mandataire agréé en Mines et Carrières, Me Donald Kabasele Divuanda, a adressé une note d’attention au président de la République, Félix Tshisekedi, dans laquelle il alerte sur les conséquences d’une communication judiciaire prématurée dans des affaires sensibles. Il appelle à une meilleure préservation de la présomption d’innocence, de la crédibilité de la justice et de l’image économique de la République démocratique du Congo.
Dans cette correspondance datée du 8 juillet 2026, Me Donald Kabasele estime qu’une tendance à médiatiser l’ouverture de certaines procédures judiciaires ou à rendre publiques des accusations graves avant l’aboutissement des enquêtes pourrait fragiliser la confiance dans les institutions judiciaires. Selon lui, cette pratique expose les personnes physiques et morales concernées à la « clameur publique » et peut porter atteinte au principe de la présomption d’innocence.
L’avocat souligne également que les accusations liées à des infractions financières comme le blanchiment de capitaux ou le financement du terrorisme peuvent avoir des répercussions dépassant le cadre judiciaire. Elles peuvent, d’après lui, affecter durablement la réputation des entreprises visées, inquiéter les investisseurs, les partenaires internationaux et avoir un impact sur l’attractivité économique du pays.
Évoquant notamment le dossier concernant la RAWBANK SA, Me Donald Kabasele affirme que les communications publiques autour d’une éventuelle mise en cause peuvent créer une confusion lorsque celles-ci sont suivies d’éléments laissant entendre qu’aucune responsabilité n’est finalement retenue. « Le dommage réputationnel causé demeure, quand bien même aucune décision judiciaire définitive n'aurait établi une quelconque culpabilité », souligne-t-il dans sa note.
Pour l’avocat, le renforcement du climat des affaires en RDC nécessite non seulement une justice indépendante et rigoureuse, mais aussi une communication institutionnelle « mesurée, fondée sur des éléments suffisamment établis et pleinement respectueuse des garanties procédurales ». Il propose ainsi une réflexion sur l’encadrement de la communication des autorités judiciaires et administratives dans les dossiers sensibles.
Me Donald Kabasele appelle enfin à concilier la lutte contre la criminalité financière avec le respect des droits fondamentaux. « La justice est l'un des fondements essentiels de l'État de droit. Sa force réside autant dans la qualité de ses décisions que dans la prudence de sa communication », rappelle-t-il, estimant que la protection de la réputation des citoyens et des entreprises participe également à la défense des intérêts de la nation.
Cedrick Katay Kalombo
