Ituri : à l’occasion du 20 novembre, Mme Yvette Aunakyalo appelle les groupes armés à libérer les enfants
A l’occasion de la Journée internationale des droits de l’enfant, célébrée chaque 20 novembre, la cheffe du Bureau Genre, Famille et Enfants du territoire d’Irumu, Mme Yvette Aunakyalo, a lancé un appel urgent aux groupes armés locaux et étrangers opérant dans la région. Elle les exhorte à libérer tous les enfants enrôlés dans leurs rangs, rappelant que leur place est à l’école et non dans les zones de combat.
« En ce jour dédié à la reconnaissance et à la défense des droits des enfants, nous exprimons notre vive préoccupation face aux graves atteintes dont sont victimes des milliers d’enfants vivant dans les zones de conflit en Ituri et au Nord-Kivu, notamment à Goma, Beni, Butembo et Lubero », a-t-elle déclaré.
Selon Mme Aunakyalo, les lois de la République sont quotidiennement violées dans les zones touchées par l’insécurité :
- Certains enfants sont enrôlés de force dans les groupes armés, en violation de l’article 50 de la Loi n°09/001 du 10 janvier 2009 sur la protection de l’enfant.
- Des filles mineures subissent des violences sexuelles, un crime puni par l’article 51 de la même loi.
- Une multitude d’enfants sont déscolarisés, privés du droit fondamental à l’éducation garanti par l’article 43 de la Constitution.
- D’autres sont exploités dans des travaux dangereux (marchés, carrières, transport à moto…), en contradiction avec l’article 53 de la loi sur la protection de l’enfant.
Face à cette situation alarmante, la responsable propose plusieurs mesures :
À l’État congolais
- Faire appliquer strictement la Loi n°09/001 sur la protection de l’enfant, y compris dans les zones en conflit.
- Retirer les enfants des groupes armés et assurer leur réinsertion sociale.
- Garantir l’accès à l’éducation et aux soins de santé, même dans les zones à haut risque.
- Poursuivre en justice les auteurs de violences ou d’exploitation des enfants.
À la population
- Refuser la banalisation des violences faites aux enfants.
- Dénoncer tout enrôlement, abus ou exploitation.
- Offrir aux enfants un cadre sécurisé, protecteur et favorable à leur éducation.
Aux parents et tuteurs
- Protéger les enfants en toutes circonstances.
- Valoriser l’école, la formation et le bon encadrement.
- Collaborer avec les structures locales de protection de l’enfant.
« Ce 20 novembre, faisons entendre la voix des enfants oubliés de l’Ituri et du Nord-Kivu. Les protéger, c’est préserver l’avenir de notre nation », conclut Mme Yvette Aunakyalo dans un message adressé à la cellule de communication du territoire d’Irumu.
Gracieux Bazege
