Kasaï Oriental : Le Ministre des Finances, Doudou Fwamba bloque les salaires de la MIBA
L’heure est à la révolte dans les installations de la Minière de Bakwanga (MIBA). Selon des sources concordantes et des témoignages recueillis auprès des délégués syndicaux, les travailleurs de ce fleuron industriel s’apprêtent à paralyser la ville de Mbuji-Mayi par un mouvement de contestation sans précédent.
Au cœur de cette colère : un blocage systématique des émoluments par le Ministre des Finances, Doudou Fwamba. Les agents accusent l’argentier national de retenir délibérément près de neuf mois de salaires, plongeant des milliers de familles dans une précarité absolue.
Ce verrouillage financier, perçu comme une sentence arbitraire, place désormais le gouvernement face à une crise sociale majeure dont les répercussions sécuritaires pourraient ébranler la province.
Sur le terrain, les conséquences de ce gel budgétaire sont dévastatrices et touchent les fondements mêmes de la dignité humaine. À Mbuji-Mayi, le drame se joue dans les foyers et les salles de classe, où de nombreux enfants de travailleurs ont été privés de participation aux sessions d’examens, faute de paiement des frais scolaires.
La situation n'est guère plus reluisante pour les agents mutés à Kinshasa ; sans ressources et abandonnés par leur tutelle financière, ces derniers font face à des menaces d'expulsion de leurs logements, incapables d'honorer leurs loyers ou de subvenir aux besoins vitaux de leurs ménages. Cette détresse humaine, documentée par des plaintes récurrentes, semble se heurter à une indifférence institutionnelle jugée "inhumaine" par les victimes.
Au-delà de la crise sociale, des soupçons de règlements de comptes politiques entachent la gestion de ce dossier au niveau du cabinet des Finances. Des sources internes à la MIBA affirment que le Ministre Doudou Fwamba utiliserait le levier du décaissement des salaires comme une arme de coercition pour sanctionner l’actuel Directeur Général de l’entreprise. Cette personnalisation du débat public, si elle se confirmait, constituerait un grave abus de pouvoir, où la survie de milliers de compatriotes est prise en otage par des velléités de positionnement ou des conflits d'ego administratifs.
En bloquant la chaîne de paiement, le ministère ne fragilise pas seulement un comité de gestion, il condamne à mort l’un des derniers poumons économiques de la région.
Enfin, l’opacité entourant les fonds destinés à la relance de la MIBA suscite une profonde indignation. Alors que le Président de la République avait solennellement promis, dès août 2024, une enveloppe de 50 millions de dollars pour la redynamisation de la société, le comité de gestion actuel se trouve dans l'incapacité de retracer ces fonds.
Bien que les circuits gouvernementaux indiquent que l'argent a été débloqué et même décaissé par le Trésor, les comptes de la MIBA demeurent désespérément vides. Où sont passés les millions de la relance ? Entre promesses présidentielles non suivies d'effets et blocages délibérés au niveau des Finances, le mystère reste entier, laissant la MIBA au bord du gouffre financier et la province du Kasaï-Oriental dans une incertitude explosive.
Misenge
