Kikwit : les FARDC sensibilisées aux risques numériques des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle
À l’ère du numérique, où l’information circule à une vitesse fulgurante, l’usage des réseaux sociaux et l’impact de l’intelligence artificielle posent de nouveaux défis aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). C’est dans ce contexte qu’un atelier de sensibilisation a réuni officiers, soldats et personnels civils de l’état-major de la onzième région militaire à Kikwit.
Devant une centaine de participants, le capitaine Antony Mualushayi, directeur de la communication de cet état-major, a exposé les enjeux liés à l’utilisation des réseaux sociaux par les militaires. Il a rappelé que ces outils peuvent être bénéfiques pour l’image de l’armée, mais qu’ils comportent aussi des risques majeurs. « Des contenus mal filtrés peuvent compromettre des opérations et offrir un avantage stratégique à l’ennemi », a-t-il averti.
Plusieurs exemples ont été cités, notamment des images montrant des soldats dans des situations inappropriées, parfois en état d’ébriété ou sur le terrain, ternissant ainsi l’image de l’institution. Face à ces dérives, le capitaine Mualushayi a rappelé les règles strictes en vigueur, dont le télégramme du chef d’état-major général interdisant l’usage des téléphones, la prise de photos et de vidéos dans les zones opérationnelles et les installations militaires.
Anthony Mualushayi a également évoqué l’ordonnance-loi n°23/10 du 13 mars 2023 portant Code du numérique, qui encadre la diffusion des informations en ligne et sanctionne la propagation de contenus faux ou nuisibles.
Au-delà des règles, l’officier a insisté sur la nécessité de faire preuve de discernement face à la guerre psychologique menée par les ennemis sur les réseaux sociaux. Il a mis en garde contre la montée des images truquées et des contenus manipulés par l’intelligence artificielle, exhortant ses collègues à ne pas croire systématiquement tout ce qu’ils voient ou lisent en ligne.
La session s’est conclue par un échange interactif, marqué par de nombreuses questions des participants. Ces derniers ont plaidé pour la multiplication de ce type d’ateliers afin de renforcer la sensibilisation des militaires aux enjeux numériques et à la protection de l’image des FARDC.
Juvenal Bulemo
