RDC : Un rapport accablant documente plus de 17 000 atteintes à la vie dans l’Est occupé
Les travaux de rédaction du rapport sur la situation des droits humains à Goma et Bukavu se sont clôturés ce samedi dans la capitale. Les conclusions dressent un bilan humanitaire alarmant pour les zones occupées par le M23-AFC, avec 17 015 cas d’atteinte à la vie et à l’intégrité physique officiellement répertoriés.
Samuel Mbemba, ministre des Droits humains, a décrit « un tableau sombre » de la période d'occupation, précisant que ces chiffres incluent 829 enlèvements et 417 cas de torture.
Le document, élaboré par des experts du gouvernement, de la CNDH et de la société civile, souligne l'ampleur de la crise sécuritaire qui frappe l'Est de la République démocratique du Congo. Outre les violences physiques, le rapport comptabilise environ 7 000 400 déplacés internes et externes, fuyant les exactions et les spoliations de propriétés privées. Ce travail de documentation vise à établir de manière systématique les responsabilités dans ces violations massives des droits fondamentaux.
Lors de la clôture de l'atelier, la Première ministre Judith Suminwa a rappelé que ces travaux s'inscrivent dans un contexte sécuritaire « particulièrement préoccupant ». Elle a insisté sur la nécessité de documenter les crimes commis dans les zones sous occupation rwandaise depuis un an. Ce rapport ne se veut pas seulement un constat, mais une pièce maîtresse de la stratégie de défense nationale sur la scène internationale.
« La RDC mène actuellement un plaidoyer pour la reconnaissance des génocides commis par le Rwanda notamment dans l’Est du pays. Ce document constitue un outil stratégique et juridique majeur pour étayer les démarches diplomatiques et judiciaires », a martelé la Cheffe du gouvernement.
En saluant l'engagement des défenseurs des droits de l'homme, les autorités ont réaffirmé leur volonté d'utiliser ces preuves pour obtenir réparation et justice devant les instances globales.
Misenge Guyvenant
