Sécurité à Uvira : le gouvernement congolais récuse le rapport de Human Rights Watch et accuse le Rwanda
Le climat reste tendu entre les organisations de défense des droits humains et les autorités de la République démocratique du Congo. Ce 22 janvier 2026, le gouvernement congolais a fermement réfuté les conclusions du dernier rapport de Human Rights Watch (HRW) concernant la situation sécuritaire à Uvira. Là où l’ONG alerte sur des risques de dérives locales, le pouvoir central dénonce une lecture « partielle ou tronquée » de la réalité, préférant mettre en lumière les séquelles de l'occupation rwandaise.
La stratégie du « chaos programmé »
Pour le porte-parole du gouvernement, l'insécurité actuelle ne peut être dissociée du contexte de guerre. Les autorités congolaises affirment que le désordre observé est le résultat d'un « chaos sciemment organisé » par l'armée rwandaise (RDF) et ses alliés de l'AFC/M23 avant leur retrait forcé le 17 janvier dernier.
Selon cette lecture, HRW opérerait une confusion entre les causes et les conséquences :
« La responsabilité première de la mise en danger des civils incombe aux agresseurs », martèlent les sources officielles, accusant l'occupant d'avoir orchestré des pillages systématiques et instrumentalisé les tensions ethniques pour déstabiliser la région après son départ.
L'un des points de friction majeurs porte sur le sort de la communauté Banyamulenge. Alors que HRW exprime de vives inquiétudes, le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, apporte un démenti formel. Kinshasa souligne qu'à ce jour, « aucun blessé ni aucun décès n'a été signalé au sein de cette communauté » depuis la reprise de la ville.
Ce calme relatif est attribué au redéploiement des Forces Armées de la RDC (FARDC) et de la Police Nationale. L'État-major assure qu'une protection ciblée a été mise en place pour prévenir tout acte de justice populaire ou de vengeance communautaire, des risques souvent exacerbés lors des transitions de contrôle territorial.
Au-delà du constat de terrain, la joute est également juridique. Le gouvernement rappelle que les mouvements de population observés ne sont pas des dommages collatéraux, mais des tactiques délibérées.
L'exécutif insiste : « les transferts contraints imposés par le RDF/M23 peuvent relever de la qualification de crime de guerre ».
En déplaçant le débat sur le terrain du droit international, la diplomatie congolaise cherche à engager la responsabilité pénale individuelle des commandants rebelles, mais aussi la responsabilité internationale de l'État rwandais devant les instances mondiales.
Appel à la « non-équivalence »
En conclusion, le gouvernement de la République réaffirme son engagement à restaurer l'ordre par le biais de l'État de droit. Toutefois, il appelle les mécanismes internationaux et les ONG à respecter le « principe de non-équivalence ». Pour les décideurs congolais, mettre sur un pied d'égalité l'État agressé et la force d'occupation revient à diluer les responsabilités et à masquer la source réelle de l'instabilité dans l'Est du pays.
Om
