Sud-Kivu : Kinshasa dénonce une mise en scène autour d’un prétendu retrait du M23 à Uvira
Le gouvernement congolais rejette catégoriquement toute idée de retrait des forces du M23 de la ville d’Uvira, dans le Sud-Kivu. S’exprimant lors d’un briefing à la RTNC ce samedi 17 janvier , le porte-parole de l’exécutif, Patrick Muyaya, a dénoncé ce qu’il considère comme une opération de communication destinée à tromper l’opinion nationale et internationale.
Selon lui, les forces hostiles « n’auraient jamais dû être là » et chercheraient aujourd’hui à entretenir la confusion en organisant de faux départs, tout en maintenant des éléments infiltrés sur le terrain.
Une stratégie qui, d’après Kinshasa, vise à masquer la réalité de l’occupation et à diluer les pressions diplomatiques, alors même que les États-Unis ont exigé le départ de toutes les forces étrangères de certaines zones, dont Uvira.
Pour les autorités congolaises, cette narration s’inscrit dans une tentative plus large de redéfinir le débat au niveau international.
Patrick Muyaya a notamment évoqué certaines prises de parole récentes au Conseil de sécurité, axées sur des références répétées aux communautés locales, qu’il perçoit comme une manière de détourner l’attention des responsabilités réelles.
Face à cette situation, le gouvernement assure travailler activement à la restauration de l’autorité de l’État, avec pour priorité la sécurisation d’Uvira afin de favoriser le retour des populations déplacées et la reprise des activités essentielles, notamment la scolarisation des enfants.
Au-delà des enjeux sécuritaires, Kinshasa accuse le Rwanda et ses alliés de se livrer à des pillages à grande échelle. Patrick Muyaya affirme que ces exactions ne se limitent pas aux ressources minières, mais concernent aussi des biens civils et des équipements publics, citant l’enlèvement de véhicules, de bétail et de matériels destinés aux travaux routiers.
« La RDC a un front militaire, un front diplomatique et surtout un front judiciaire », a-t-il rappelé, soulignant que, parallèlement aux initiatives de paix, le gouvernement entend poursuivre les responsables devant la justice, convaincu que les crimes commis ne resteront pas impunis.
CK
