Diplomatie : La RDC fait son entrée historique au Conseil de sécurité de l’ONU
Trente-cinq ans après sa dernière participation, la République Démocratique du Congo (RDC) a officiellement pris son siège de membre non-permanent au Conseil de sécurité des Nations Unies ce vendredi 2 janvier 2026. Une mandature de deux ans placée sous le signe de la responsabilité et de la réforme.
Ce vendredi, le drapeau bleu ciel orné de l’étoile jaune et de la bande rouge a rejoint ceux des quatorze autres membres du Conseil de sécurité à New York. Lors d'une cérémonie solennelle de levée de drapeau au siège de l’ONU, la RDC a marqué son retour au sein de l'organe décisionnel le plus puissant des Nations Unies, chargé du maintien de la paix et de la sécurité internationales.
Ce moment historique met fin à une absence de plus de trois décennies. La dernière fois que Kinshasa avait siégé à cette table remontait à la période 1990-1991. Pour la Ministre d’État des Affaires Étrangères, Mme Thérèse Kayikwamba Wagner, cette accession n’est pas un simple honneur diplomatique : « Aujourd'hui est un jour important [...] Notre pays assume une responsabilité majeure. L'Afrique et le monde peuvent compter sur la RDC pour être une voix constructive », a-t-elle affirmé dans un communiqué officiel.
- Forte de son expérience douloureuse mais profonde des crises sécuritaires dans la région des Grands Lacs, la RDC entend transformer son vécu en force de proposition. Le mandat congolais s'articulera autour de deux piliers majeurs :
- La réforme du maintien de la paix : Kinshasa souhaite une évolution des opérations de l'ONU, les rendant plus adaptées aux réalités du terrain.
- La gestion des ressources naturelles : Le pays plaide pour une meilleure gouvernance mondiale des ressources, souvent au cœur des conflits armés.
- La stabilisation : Un accent particulier sera mis sur les programmes de Désarmement, Démobilisation et Réintégration (DDR) ainsi que sur la justice transitionnelle.
« Une parole de vérité »
Dans un contexte mondial marqué par des tensions croissantes, la diplomatie congolaise a tenu à rappeler son attachement indéfectible au droit international. La RDC se positionne comme le défenseur de la « souveraineté et de l'intégrité territoriale des États », un principe qu'elle juge non négociable.
En portant la voix des peuples affectés par la guerre, la République Démocratique du Congo espère apporter, selon les mots de la Ministre, une « parole de vérité » pour favoriser des solutions durables aux conflits qui meurtrissent le continent africain et le reste du monde.
Gracieux Bazege
