Kolwezi : Démolitions forcées au quartier Golf ISTM, les sinistrés crient à l'injustice
La tension est vive depuis vendredi au quartier Golf ISTM de Kolwezi, à proximité de l'aéroport international. Plusieurs habitations y ont été démolies sur décision des autorités provinciales, après un moratoire de trois jours jugé dérisoire par les résidents. Samedi 21 mars 2026, une marche de protestation spontanée organisée par les sinistrés a été rapidement dispersée par les forces militaires, laissant la population dans le désarroi.
Sur les décombres, la colère des victimes est profonde. De nombreux habitants affirment détenir des documents parcellaires en règle et dénoncent une absence totale d'indemnisation préalable. « J’ai investi quinze ans de travail pour construire ici », déplore un père de famille, tandis que d'autres victimes, désormais sans abri, s'interrogent avec détresse sur leur sort immédiat.
Le sentiment d'injustice est alimenté par des accusations de favoritisme. Des sinistrés pointent du doigt la gestion de la gouverneure Fifi Masuka, dénonçant un « deux poids, deux mesures ». Ils s'indignent de voir leurs maisons détruites alors que des propriétés proches du pouvoir, situées dans des zones similaires au quartier RVA, seraient épargnées par ces mesures d'assainissement foncier.
Cette crise met en lumière les failles de l'urbanisation à Kolwezi. Si les autorités invoquent la libération d'espaces publics, l'absence de procédure légale stricte — incluant l'identification des occupants et une compensation équitable — radicalise les positions. Face à l'extrême tension, certains agents du cadastre ont même déserté leurs bureaux par crainte de représailles populaires.
Guy Mafuta
