Sénat : Guillaume Ngefa dévoile un détournement massif au sein du FRIVAO
Le Ministre d’État à la Justice a jeté un pavé dans la mare devant les sénateurs en révélant une gestion calamiteuse du Fonds spécial de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda (FRIVAO). Sur les 195 millions de dollars disponibles, seuls 28 millions seraient réellement parvenus aux bénéficiaires. Guillaume Ngefa a pointé du doigt des « opérations retours » et des détournements systémiques, soulignant que cette somme dérisoire a été partagée entre de vraies victimes, mais aussi des bénéficiaires fictifs.
Le ministre a dénoncé un réseau de fraude sophistiqué marqué par la politisation de la structure et l’explosion artificielle du nombre de victimes. À titre d'exemple, le fichier pour la ville de Kisangani est passé de 3 000 à plus de 16 000 noms, une inflation jugée incontrôlée.
Ce mécanisme, censé gérer les 325 millions de dollars de réparations imposés à l’Ouganda par la Cour internationale de Justice, semble avoir été détourné de sa mission originelle au profit de réseaux de rétro-commissions.
Les chiffres avancés par le Garde des Sceaux soulignent un contraste frappant avec les rapports internes de la coordination du FRIVAO. Si l'administration du fonds affirmait en janvier 2026 avoir reçu environ 154,7 millions de dollars après retenues de l'État, le constat sur le terrain reste accablant : à l'arrivée du comité intérimaire en août 2024, seules 106 victimes avaient été indemnisées, malgré la réception préalable de plus de 100 millions de dollars.
Face à ce qu'il qualifie de « dysfonctionnements systémiques », Guillaume Ngefa a annoncé une série de mesures de redressement immédiates. Celles-ci incluent un audit exhaustif du fichier des victimes pour éliminer les doublons et les noms fictifs, une restructuration profonde de l’administration du FRIVAO, ainsi que le lancement de poursuites judiciaires contre les responsables présumés de ces extorsions de fonds publics.
Misenge
