Conflit Rwando-congolais : La Cour de l’EAC jugera le fond du différend RDC-Rwanda
Dans une décision rendue ce 21 novembre 2025, la Cour de Justice de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) a statué en faveur de la République Démocratique du Congo, rejetant l’intégralité des exceptions préliminaires soulevées par Kigali. Les juges ont confirmé leur compétence pour examiner les accusations d’agression et de violation de l’intégrité territoriale congolaise. Cette ordonnance marque l’ouverture officielle de la phase de jugement sur le fond, validant la recevabilité du dossier introduit par Kinshasa en septembre 2023 concernant la crise sécuritaire au Nord-Kivu.
Sur le plan factuel, la RDC accuse les Forces de défense du Rwanda d'agir en coalition avec le groupe armé M23, causant de graves conséquences humanitaires. La défense rwandaise tentait de faire valoir l'incompétence de la Cour, arguant que certains faits précédaient l'adhésion de la RDC à l’EAC. Un argument balayé par la juridiction régionale, qui a retenu que les actions incriminées se situent « clairement dans la période postérieure à cette adhésion, à partir du 17 août 2022 », et relèvent donc pleinement de son champ d’examen en matière de respect de la souveraineté et de non-agression.
Cette décision conforte la stratégie du « front judiciaire » mise en place par le Président Félix Tshisekedi, intervenant quelques mois après une victoire procédurale similaire devant la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples. Pour la partie congolaise, cette double offensive juridique illustre une conviction ferme : « La paix ne peut se construire au détriment de la justice. » La RDC soutient que ce processus est non seulement une question de responsabilité politique, mais constitue aussi « un impératif de dignité pour la mémoire des victimes et une condition essentielle de garantie de non-répétition ».
Désormais, la procédure entre dans sa phase principale. La République du Rwanda est invitée à présenter sa défense sur le fond dans les délais fixés, tandis que la Cour examinera les preuves des attaques contre les infrastructures et les populations civiles. Pilotée par la Task Force Justice internationale, cette action confirme la volonté de Kinshasa de « mobiliser les mécanismes juridiques régionaux » pour documenter les violations et lutter contre l’impunité, prouvant que les juridictions africaines peuvent être le théâtre de résolutions pacifiques des conflits étatiques.
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