Nord-Kivu : Aimé Boji Sangala accueilli à Beni sous une pluie de revendications sécuritaires
Le président de l'Assemblée nationale, Aimé Boji Sangala, a été accueilli avec ferveur et tension ce jeudi 19 février 2026 à l'aéroport international de Mavivi, avant de tenir un meeting populaire au rond-point Nyamwisi de Beni. Si la mobilisation des formations politiques était visible, elle a été marquée par la présence remarquée de mouvements citoyens arborant des calicots exigeant la levée immédiate de l'état de siège en Ituri et au Nord-Kivu. Pour de nombreux habitants comme Moïse Malikidogo, cette visite doit impérativement se traduire par des actes concrets : « La paix, l'électrification et le développement doivent être les priorités absolues après son passage ici ».
Dans les rangs de l'opposition, le ton est nettement plus critique à l'égard de ce déplacement officiel. Clovis Mutsuva, cadre de l’Ensemble pour la République, n'hésite pas à qualifier cette mission de « tourisme politique », fustigeant le passage successif d'autorités nationales sans impact réel sur les massacres perpétrés par les ADF-MTM. Il exhorte le sommet de l'État à accorder à la crise sécuritaire de Beni la même attention qu'au front contre le M23-AFC, tout en réitérant que « l'état de siège a montré ses limites pour ramener la paix » et doit être levé sans délai.
Face à ces contestations, les soutiens de la majorité présidentielle appellent à un débat plus constructif. Pierrot Kolongo, cadre de l'UDPS/Beni, a réagi en invitant les détracteurs de la gouvernance actuelle à dépasser le stade de la critique médiatique pour proposer des alternatives tangibles. Selon lui, ceux qui réclament la fin de l'état de siège « doivent proposer des pistes de solutions réelles pour répondre aux besoins de la population au lieu de se limiter à critiquer sur les ondes des radios », défendant ainsi la nécessité d'une approche concertée face à l'insécurité.
Sitôt le meeting terminé, le président de l'organe délibérant a entamé une série de consultations avec les différentes couches sociales et forces vives de la région. Cette étape cruciale vise à recueillir les doléances directes des populations meurtries par des années de conflit, dans l'espoir de formuler des recommandations législatives adaptées. L'enjeu de cette mission reste de taille : transformer l'accueil protocolaire en un véritable levier de changement pour une province qui ne jure plus que par le retour définitif de la sécurité.
Juvenal Bulemo
