RDC : Commémoration et quête de vérité pour les victimes du 30 décembre 2013

30 Décembre 2025 - 14:04
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RDC : Commémoration et quête de vérité pour les victimes du 30 décembre 2013

Douze ans après les événements tragiques du 30 décembre 2013, la République démocratique du Congo observe un temps de recueillement en mémoire des victimes fauchées lors d'une répression sanglante. Cette date, loin d'être un simple fait divers, est aujourd'hui présentée par de nombreux observateurs et proches des victimes comme une cicatrice nationale. Elle symbolise la lutte contre l'oppression et l'exigence de vérité face à un récit officiel longtemps contesté.

La version initiale d'une tentative de coup d'État est désormais formellement remise en cause par les partisans du Prophète Joseph Mukungubila Mutombo. Selon la tribune commémorative de Mangidi Mbala N’zeteke Charlie Jephthé, le déclencheur de cette violence fut la publication de deux lettres ouvertes en décembre 2013. Dans ces écrits, le leader spirituel dénonçait l'occupation étrangère et l'infiltration des institutions, interpellant la conscience nationale sur le prix du sang versé par le peuple congolais.

L'opération militaire menée ce jour-là, notamment à la résidence du Prophète au quartier Golf-Kabulameshi à Lubumbashi, est décrite comme un massacre de civils non armés. Des hommes et des femmes, réunis pour des prières de fin d'année, ont été pris pour cibles sans sommation préalable. Ce tournant historique marque un épisode sombre où l'appareil sécuritaire de l'État s'est retourné contre ses propres citoyens pour faire taire une voix dissidente.

S'en est suivie une décennie de persécutions méthodiques caractérisée par des arrestations arbitraires, des disparitions forcées et la fermeture des lieux de culte. Contraint à l'exil en Afrique du Sud, Joseph Mukungubila a vu son innocence finalement reconnue par la justice sud-africaine, qui a rejeté les demandes d'extradition. Pendant ce temps, ses disciples ont enduré de longues années de détention dans les prisons de la République avant de retrouver la liberté.

Le processus de réparation historique a connu une avancée majeure sous l'impulsion de l'actuelle magistrature suprême. Le 16 octobre 2023, une ordonnance présidentielle a permis la libération des disciples, suivie, le 7 juillet 2024, du retour triomphal du Prophète Mukungubila sur sa terre natale. Ces actes sont perçus par ses sympathisants comme une réhabilitation morale et une victoire de la justice sur l'arbitraire politique du régime précédent.

Aujourd'hui, l'urgence demeure humanitaire et mémorielle : les familles exigent la restitution des corps des martyrs et l'identification des fosses communes. De nombreux enfants, nés après ces événements, n'ont jamais connu leurs pères, et des destins de jeunes diplômés ont été brisés. La demande est claire : permettre aux familles de faire leur deuil dignement, selon les us et coutumes congolais, afin de refermer cette plaie béante.

Un appel formel est lancé à la Commission Nationale des Droits de l'Homme (CNDH), dirigée par Paul Nsapu, pour la réouverture de ce dossier sensible. L'objectif est de rétablir les victimes dans leurs droits naturels et de comparer ce sacrifice à celui des pères de l'indépendance du 4 janvier 1959. Commémorer le 30 décembre devient alors un acte de résistance contre l'oubli et une dénonciation des complicités politiques passées.

Le 30 décembre doit s'inscrire dans le calendrier de la vigilance patriotique en RDC. En refusant l'amnésie collective, le peuple congolais s'assure que de tels massacres ne se reproduiront plus. La construction d'une paix durable en République démocratique du Congo repose impérativement sur cette vérité reconnue, assumée et transmise aux générations futures pour l'honneur des martyrs de la vérité.


Juvenal Bulemo

newnarratifrdc Créé en 2023, New Narratif RDC est un média en ligne de l'Ets. Groupe New NARRATIF RDC. Dans son traitement d’informations, New NARRATIF RDC accorde l’importance à l’image positive de la République démocratique du Congo et de ses institutions en vue de pérenniser le «CHANGEMENT DE NARRATIF »